Il n’avait plus combattu en individuel depuis 2022, en équipe depuis 2024. Il a voulu se faire un dernier plaisir. À 37 ans, l’Ukrainien Stanislav Horuna a mis un terme définitif à sa carrière sur une victoire à la Série A de Salzbourg (2-4 octobre). Bon vent champion !

Texte : Ludovic Mauchien / Photo : WKF


On ne l’avait plus vu combattre depuis la Coupe du monde par équipe à Pampelune, fin 2024. Ça nous manquait. Ça lui manquait aussi. Si bien qu’il a remis les gants début juillet pour un dernier tour de piste.

C’était à la série A de Salzbourg, là-même où il avait remporté sa première médaille internationale chez les Seniors en 2011. Elle était en bronze. Cette année, elle était en or car Monsieur Stanislav Horuna a quitté la scène par la grande porte en signant une ultime victoire.

Il ne pouvait en être autrement pour cet immense champion qui a seulement eu la malchance de tomber dans la même catégorie que Rafaël Aghayev et Luigi Busa pour dorer son palmarès déjà bien rempli.

Médaillé de bronze aux Jeux olympiques de Tokyo (2021) et aux Mondiaux (2014), vainqueur des Jeux Mondiaux (2017), des Jeux européens (2019), et des championnats d’Europe en -75 kg (2021) et par équipe (2023), Stan Horuna compte 24 podiums en Karaté 1, dont 9 victoires, et 5 médailles européennes en tout.

Un palmarès hors norme, mais surtout un style. Chatoyant, renversant, combattant. À 37 ans, Stan Horuna tire sa révérence. Il nous livre sa dernière interview en tant que champion.

Horuna Aghayev Minsk2019F 144

Pourquoi as-tu décidé de combattre à Salzbourg ?

J’ai toujours eu le sentiment qu’il y avait quelque chose qui n’était pas terminé. J’ai arrêté la compétition mais je n’avais pas l’impression d’avoir stoppé. Quelque chose me semblait inachevé. Et, d’un autre côté, je m’ennuyais aussi à la maison. Je voulais ressentir à nouveau l’émotion, l’adrénaline du combat.

J’ai fait des stages partout dans le monde, et j’ai travaillé avec différents gars. Chaque fois que je faisais du Kumite, ça me prenait, alors je me suis dit : « pourquoi ne pas essayer encore une fois ? Si ce n’est pas maintenant, alors quand ? Chaque année, c’est de plus en plus difficile de bouger, de faire des entraînements et des activités physiques (rires).

Cette fois, c’est sûr, c’est la dernière ?

Oui, j’ai pris ma décision. J’ai donné ma parole, j’ai posé mes gants à terre devant le podium. Je suis responsable de ce que je dis et de ce que je fais. Désormais, c’est fini, et d’une belle façon. Maintenant, je n’ai plus l’impression que quelque chose est inachevé.

Qu’est-ce qui a été le plus difficile pendant la préparation ?

L’entraînement physique, crois-moi ! Dans les deux mois qui ont précédé la compétition, j’en ai fait énormément, probablement autant qu’en un an pour la préparation olympique...

Photo taken during Gold fight of The World Games 2017 in Wroclaw (Poland):Asiabari Aliasghar Gold match Horuna Stanislav Iran Islamic Republic of Male Kumite -75kg Ukraine

Comment te sentais-tu à Salzbourg ? Comme si tu avais 20 ans ?

(Rire) Certainement pas comme si j’avais 20 ans, mais je me sentais vraiment bien, parce que j’ai eu une préparation très professionnelle cette fois-ci. C’était une préparation spécifique, avec de bonnes procédures de récupération. Physiquement, je me sentais super bien. La seule chose qui m’interrogeait, c’était le fait que je manquais de sensation au combat.

Avant le premier match, je n’avais pas super confiance en moi. Bien sûr, j’avais des sparings au dojo, mais, la compétition, c’est différent. Finalement, j’ai réagi dans les temps et j’ai pris les bonnes décisions.

Connaissais-tu tes adversaires ?

Je les ai découverts. Ce sont tous de nouveaux gars. Je ne les ai jamais rencontrés auparavant. Pour moi, c’était une surprise, je suppose que pour eux aussi (rire). Mais tu dois t’adapter à tout ce qui est nouveau (il combattait en -84 kg et non en -75 kg).

Et maintenant ?

Je vais continuer à faire ce que je fais : des stages et des cours en ligne (1). J’ai ma propre équipe à Haruba, que je coache en ligne. Je vais continuer à les entraîner. Deux d’entre eux vont participer aux Championnats du monde Jeunes la semaine prochaine en Pologne, dans l’équipe nationale vénézuélienne.

(1) https://www.patreon.com/cw/StanislavHoruna/home?utm_source=campaign-search-results&utm_medium=social&utm_content=link_in_bio&fbclid=PAdGRleAUrgTVleHRuA2FlbQIxMQBwZG9mAmZkaWQWUPcN7diuB2YTm7YDJOcF1KkK6j9ii3NydGMGYXBwX2lkDzEyNDAyNDU3NDI4NzQxNAABp1g8hRI_tXRo1wQp8q3G71_L6ewGwwPOV4OBLgPQ3eCnFeujVAAWzpAr5d_t_aem_-Zn1yA8lvMA21lZ33EW9Mg