Le 16 mars, la jeune Française Clémence Pea, 21 ans, a remporté le Karate 1 d’Hangzhou en +68 kg. Championne de France et vainqueur de la Coupe de France 2023, la représentante du karaté élite Argenteuil, qu’elle a rejoint en 2023, vise désormais plus haut.

 

Par Florian Fournier / Photos : WKF 


 

Elle n’avait connu jusqu’alors qu’un seul podium international chez les Seniors, une 3e place à Larnaca (Chypre) en 2024. La jeune Dijonnaise, étudiante en kiné, a ouvert son compteur en Chine, avec une belle victoire au Karate 1 d’Hangzhou.

Quel bilan fais-tu de cette compétition ?

J’ai abordé la compétition avec le même état d’esprit en phase de poule comme pour les éliminatoires. Avec des jeunes athlètes expérimentées dans ma poule, dont la Suédoise championne du monde U21 (2024) mais aucun membre du top 5, j’ai dû sortir des gros combats pour finir en tête.

A la suite de cette phase, j’ai abordé très sereinement les phases éliminatoires. Avant la compétition, j’ai axé ma préparation sur l’aspect mental et cela a porté ces fruits. Je me devais d’y aller à fond et de marquer des points.

Je ne l’ai pas joué « petits bras ». Contre Berultseva, j’ai scoré 12 points, ce qui m’a permis de faire le plein de confiance avant la demi-finale. D’autant plus que ma seule rencontre auparavant contre la Kazakhe était une défaite. Prendre sa revanche rajoute toujours un plus mentalement.

En demi-finale, face à l’Allemande Kneer, une athlète que j’admire énormément, j’y suis allée avec ma fraîcheur et ça a payé.

Comment as-tu abordé ta finale contre l’Italienne Ferracuti, une athlète capable de tout ?

Mon bilan contre elle était d’une défaite donc, psychologiquement, j’étais revancharde. En plus d’être capable du meilleur comme du pire, nous savons qu’elle est rugueuse et très dure dans ses combats. Je devais être mobilisée psychologiquement à 100% pour lui faire face.

J’ai maîtrisé le combat de A à Z, j’ai gardé mon sang froid et je suis contente de ne pas m’être démobilisée avec tout ce qui se passe autour de la finale. Entendre son nom au micro, l’entrée dans le stade, etc, tout ça peut vite être déstabilisant. Mais je suis restée lucide et notamment grâce à mon coach. Je suis ravie de cette victoire.

Quelles émotions as-tu ressenti après ce premier sacre en Karate1 ?

Les émotions sont arrivées dès la demi-finale. En battant Kneer, j’ai eu les « jambes coupées ». J’étais tellement heureuse. Heureuse d’avoir réussie à monter tous mes curseurs à leur maximum. Que tout mon travail paye, c’est une sensation formidable.

En finale, j’ai senti beaucoup de stress et la gagner était la libération. J’ai mis un peu de temps à réaliser. C’est sur le podium en voyant les filles à côté de moi que je me suis dis : « tu l’as fais ! ».

Quelle va être la suite ?

Il va y avoir les championnats de France universitaires puis les championnats de France sénior (29-30 mars à Chambly).

Y a-t-il une pression particulière pour ces championnats de France, sélectifs pour les « Europes » ?

Je n’ai pas de pression particulière. J’ai prouvé ce que j’avais à prouver. À l’international, j’ai réussi à m’imposer, qui plus est devant des filles qui seront aux « Europes ». C’est donc difficile de dire que je ne mérite pas une sélection. Maintenant, je ne suis pas décisionnaire. Je fais deuxième de la Coupe de France en étant 1ère Française. Le week-end dernier, je gagne le Karate 1 où je suis donc la 1ère Française. Il me reste les Championnats de France pour confirmer. Mais je suis confiante.